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Publié
8 mars 2024
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Future Talk avec Pascale Bruderer, fondatrice et présidente du Conseil d’administration de Swiss Stablecoin SA (SSC)
En 2023, vous avez testé la faisabilité de votre franc numérique. Quel a été le résultat?
Nous avons abordé de nombreuses questions techniques pour clarifier la conception et testé des processus. Nous nous sommes concentrés sur la blockchain, l’interopérabilité et la durabilité écologique et économique. Le CHFD, d’abord un token sur la blockchain Ethereum, devrait progressivement être disponible sur plusieurs technologies.
Des stablecoins privés en francs sont déjà en circulation. Quelle est votre stratégie pour créer des effets de réseau et pousser votre CHFD auprès du public?
La confiance détermine l’acceptation. Sécurité technique, réglementation solide et garanties pour la stabilité de la valeur à long terme sont nécessaires. Mais ce n’est pas tout! Les partenariats avec des entreprises du secteur financier et de l’économie réelle en Suisse sont cruciaux.
Un consortium de banques sous l’égide de l’Association suisse des banquiers prévoit également un franc numérique. Quel est le risque de faire cavalier seul?
Il est important d’éviter d’agir seul et d’exploiter les synergies lorsqu’il s’agit d’un franc numérique largement accessible. Depuis le lancement de notre projet, l’intérêt des banques a nettement augmenté. Je me réjouis des idées conceptuelles de l’ASB et je suis curieuse de voir dans quelle direction elles vont évoluer. Nos portes sont ouvertes. La SSC souhaite agir comme un catalyseur et apporter une contribution active. Des clarifications approfondies sont vitales, certes, mais la mise en œuvre est également indispensable. Encore une fois, les partenariats à grande échelle sont absolument essentiels.
Et ce, dans une Suisse de petite taille qui compte de nombreux moyens de paiement électroniques établis.
C’est vrai. Mais pourquoi 92 % des banques centrales du monde entier s’occupent-elles de la numérisation de leurs monnaies, même dans des régions où les infrastructures de paiement traditionnelles sont bien développées, comme dans l’UE? Parce que les nouvelles technologies permettent des applications innovantes et des gains d’efficacité grâce à la connectivité directe et aux transactions immédiates. Il s’agit de créer, en Suisse aussi, une offre correspondante qui complète l’infrastructure de compte à compte établie.
La souveraineté de la politique monétaire appartient à la banque centrale. Vous soulignez souvent l’importance du franc numérique pour une telle souveraineté. Pourquoi cela intéresse-t-il votre start-up?
La disponibilité d’un franc numérique est à la fois une question de capacité d’innovation et de souveraineté monétaire. En tant que femme d’affaires, ancienne politicienne et citoyenne, cela me tient particulièrement à cœur. Ne laissons pas notre monnaie attractive aux fournisseurs étrangers. Si la BNS se prononce contre une CBDC de détail pour les raisons institutionnelles, il faut l’accepter. Néanmoins, nous devrions rassembler nos forces dans le pays pour proposer notre propre offre. Régulée, souveraine, issue de la Suisse et pour la Suisse. C’est ce que nous promettons.
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